Dr H. SRV

Fiches › Prévention et dépistage

Santé des immigrants et des réfugiés

Prévention et dépistageFiche révisée · 15 oct. 2026

Voir aussi : Fièvre au retour de voyage · Vaccination · Anxiété et TSPT

🔎 Couverture des soins✉️ Signaler une erreur

En bref : On s’assure de pouvoir bien communiquer (interprète professionnel), on vérifie la couverture (RAMQ ou Programme fédéral de santé intérimaire), on fait les dépistages recommandés selon la région d’origine (tuberculose latente, VIH, hépatites B et C, parasitoses), on met la vaccination à jour et on reste attentif à la santé mentale (TSPT, dépression), sans forcer le récit des traumatismes.

⚠️ Nouvelle fiche (oct. 2026) rédigée pour le sujet prioritaire du CMFC « Immigrants », résumée dans nos mots à partir des références citées : à valider.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Fièvre dans les 3 mois après un séjour en zone d’endémie : paludisme jusqu’à preuve du contraire (frottis le jour même).
  • Toux chronique, sueurs, perte de poids : tuberculose active (isolement, radiographie, expectorations).
  • Idées suicidaires, TSPT sévère, violence subie ou en cours.
  • Grossesse sans suivi, enfant avec retard de croissance ou de développement.

✅ À faire maintenant

  • Interprète professionnel (en personne, téléphone ou vidéo) plutôt qu’un enfant ou un proche.
  • Vérifier la carte RAMQ ou le certificat du PFSI ; noter le statut (réfugié réinstallé, demandeur d’asile, travailleur temporaire, sans statut) qui conditionne la couverture.
  • Faire le point : antécédents, médicaments, vaccins (pas de preuve écrite = considérer non vacciné), santé dentaire et visuelle.
  • Prévoir une visite plus longue et un suivi ; diriger vers les ressources d’accueil.

📞 Appeler / référer si

  • Clinique pour réfugiés ou demandeurs d’asile de la région (p. ex. PRAIDA à Montréal) pour le bilan initial.
  • Sans couverture : organismes comme Médecins du Monde ; urgence si situation grave.

Couverture des soins

  • PFSI (fédéral) : demandeurs d’asile et réfugiés réinstallés en attente de couverture provinciale ; couvre les soins de base, plusieurs médicaments et certains services complémentaires.
  • RAMQ : résidents permanents et réfugiés acceptés ; un délai de carence peut s’appliquer aux nouveaux arrivants, mais certaines catégories en sont exemptées (vérifier l’admissibilité).
  • Travailleurs temporaires et étudiants : couverture variable (RAMQ selon le permis, ou assurance privée).

Dépistages selon la région d’origine (CCIRH)

  • Tuberculose latente : TCT ou test IGRA chez les enfants, les adolescents et les adultes jeunes venant de pays à incidence élevée ; éliminer une tuberculose active avant de traiter.
  • VIH : offrir si le pays d’origine a une prévalence de plus de 1 %.
  • Hépatite B : AgHBs, anti-HBc et anti-HBs si prévalence d’au moins 2 % ; vacciner si non immun ; référer si AgHBs positif (voir Hépatites virales).
  • Hépatite C : anticorps si prévalence d’au moins 3 %.
  • Strongyloïdose (Asie du Sud-Est, Afrique) et schistosomiase (Afrique) : sérologie et traitement (ivermectine, praziquantel).
  • Paludisme : pas de dépistage systématique, mais y penser devant toute fièvre.
  • Aussi : anémie et carence en fer (femmes, enfants), vitamine D, diabète et HTA selon l’âge, dépistage du cancer du col, santé dentaire, vision et audition chez l’enfant.

Vaccination de rattrapage

  • Suivre le Protocole d’immunisation du Québec (PIQ) : sans preuve écrite, la personne est considérée comme non vaccinée.
  • Adultes : ROR (1 dose ; 2 selon le PIQ), dcaT-VPI (série primaire si aucun dossier), varicelle si non immun, hépatite B si négatif aux trois marqueurs, VPH selon l’âge.
  • Enfants : rattrapage selon l’âge et le calendrier québécois.

Santé mentale et approche

  • TSPT, dépression et anxiété sont fréquents, surtout chez les réfugiés ; ils peuvent se présenter par des plaintes physiques (céphalées, douleurs, insomnie).
  • Approche tenant compte des traumatismes : expliquer, demander la permission, ne pas exiger le récit des violences, donner du contrôle au patient.
  • Facteurs de stress actuels : statut migratoire incertain, séparation familiale, logement, emploi, discrimination.
  • Mutilations génitales féminines : en parler avec respect, documenter, orienter (gynécologie) ; signalement à la DPJ si une fillette est à risque.

Pièges et perles

  • Utiliser les proches comme interprètes nuit à la confidentialité et à l’exactitude, surtout pour la santé sexuelle et mentale.
  • Les présentations atypiques (tuberculose extrapulmonaire, parasitoses, hémoglobinopathies) sont plus fréquentes : élargir le diagnostic différentiel.
  • Le statut migratoire n’empêche pas les soins urgents ; connaître les ressources de sa région.

Références

  • Pottie K et coll. Evidence-based clinical guidelines for immigrants and refugees. CMAJ. 2011;183(12):E824-E925 (Canadian Collaboration for Immigrant and Refugee Health).
  • National Collaborating Centre for Infectious Diseases. Quick summary: screening and vaccination guide for refugee and immigrant health, mise à jour 2020.
  • Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI).
  • Collège des médecins de famille du Canada. Les objectifs d’évaluation pour la certification en médecine de famille, 2e éd., 2020 : sujet prioritaire « Immigrants ».