Dr H. SRV

Fiches › Gynécologie et santé sexuelle

Aménorrhée et SOPK

Gynécologie et santé sexuelle⚠︎ Points à vérifier

⚠️ Fiche en cours de révision : certains points, dont des doses, n'ont pas encore été validés par l'auteur (voir la liste). Confirmer avec une source officielle ou le guide de votre établissement.

En bref : Devant toute aménorrhée, on élimine d'abord une grossesse (β-hCG), puis on dose TSH et prolactine. Le SOPK est la cause la plus fréquente d'oligo-aménorrhée. Son diagnostic repose sur 2 critères de Rotterdam sur 3, après exclusion des autres causes. La première ligne de traitement est le mode de vie, puis le COC. On protège l'endomètre si les cycles dépassent 90 jours. Le létrozole est le 1er choix pour induire l'ovulation.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme : diriger vers l'urgence ou consulter rapidement

  • Aménorrhée avec β-hCG positive et douleur pelvienne ou saignement (grossesse ectopique possible) : urgence.
  • Céphalées, troubles visuels ou atteinte du champ visuel avec prolactine élevée (adénome hypophysaire) : consultation rapide en endocrinologie (IRM hypophysaire).
  • Céphalée brutale, troubles visuels ou hypotension évoquant une apoplexie hypophysaire : urgence.
  • Virilisation rapide ou testostérone très élevée (plus de 2 fois la normale), tumeur virilisante suspectée : consultation rapide en endocrinologie ou gynécologie.
  • Aménorrhée fonctionnelle avec TCA : bradycardie, hypotension, syncope ou IMC très bas : urgence.
  • Saignements anormaux ou endomètre épaissi chez une patiente avec SOPK (hyperplasie ou cancer) : consultation rapide en gynécologie (biopsie de l'endomètre).

📨 Référer : CRDS gynécologie (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

Définitions et causes

Niveau Causes principales
Grossesse Toujours y penser en premier
Hypothalamus (FSH/LH basses) Aménorrhée fonctionnelle (perte de poids, TCA, exercice intense, stress), maladie systémique, tumeur, irradiation, Kallmann
Hypophyse Hyperprolactinémie (adénome, médicaments : antipsychotiques, métoclopramide), autres adénomes, Sheehan, infiltration, apoplexie
Ovaire (FSH élevée) Insuffisance ovarienne prématurée (< 40 ans : auto-immune, Turner, X fragile, chimio-radiothérapie), dysgénésie gonadique
Anovulation eugonadotrope SOPK, dysthyroïdie, Cushing, hyperplasie congénitale des surrénales non classique
Utérus et voies génitales Asherman (après curetage), hymen imperforé, cloison vaginale, agénésie müllérienne, insensibilité aux androgènes (46,XY)

Évaluation

💡 Le test au progestatif (médroxyprogestérone 10 mg PO die × 7–10 j) est la « vieille » approche de Dr H. S'il y a un saignement, l'estrogénisation est suffisante : il s'agit d'une anovulation, le plus souvent un SOPK. S'il n'y a pas de saignement, on dose FSH, LH et E2. Les approches actuelles préfèrent doser d'emblée les gonadotrophines et l'estradiol, plus fiables.

Algorithme

Positive

Négative

TSH anormale

Prolactine ↑

FSH ↑, E2 ↓
(2 dosages à 4 sem.)

FSH/LH ↓ ou N, E2 ↓

FSH/LH N, E2 N

Oui

Non

Aménorrhée secondaire

β-hCG

Grossesse

TSH, prolactine
FSH, LH, estradiol

Dysthyroïdie

Revoir médicaments
IRM hypophyse

Insuffisance ovarienne
prématurée → caryotype si < 30 ans,
hormonothérapie jusqu'à 50 ans

Hypothalamo-hypophysaire :
fonctionnelle (poids, exercice, TCA)
sinon IRM

Hyperandrogénie ?

SOPK probable
Exclure HCS non classique (17-OHP),
Cushing, tumeur si virilisation

Anovulation ou cause utérine
(Asherman si curetage)

SOPK

Diagnostic (critères de Rotterdam, guide international 2023)

⚠️ Mis à jour (Guide international PCOS, Monash/ESHRE, 2023) : l'AMH peut remplacer l'échographie chez l'adulte. Le seuil échographique est passé à ≥ 20 follicules par ovaire. Le létrozole est le 1er choix pour l'induction de l'ovulation ; le clomiphène passe en 2e ligne.

Dépistage des complications

Domaine Quoi faire
Glycémie HGOP 75 g au diagnostic (ou HbA1c ou glycémie à jeun), puis q1–3 ans. HGOP en préconception et à 24–28 sem. de grossesse
Cardiovasculaire Bilan lipidique au diagnostic, TA chaque année, poids, tabac
Endomètre Risque d'hyperplasie et de cancer × 2–6. Biopsie si saignements anormaux ou endomètre épaissi
Psychologique Dépister dépression, anxiété, TCA et image corporelle
Sommeil Dépister l'apnée du sommeil

Prise en charge

Objectif Traitement
Tous Mode de vie : activité physique, alimentation saine (pas de régime « miracle »). Une perte de 5–10 % du poids peut rétablir l'ovulation
Cycles et protection de l'endomètre COC à faible dose, en 1re ligne. Sinon, progestatif cyclique (p. ex. médroxyprogestérone 10 mg × 10–14 j chaque 1–3 mois) ou DIU-LNG, si les cycles dépassent 90 jours
Hirsutisme, acné COC. Spironolactone 50–100 mg PO bid si la réponse reste insuffisante après ≥ 6 mois de COC, toujours avec une contraception efficace (risque pour un fœtus masculin)
Métabolique, IMC ≥ 25 Metformine à augmenter progressivement jusqu'à 850–1000 mg PO bid, seule ou avec le COC. Un aGLP-1 se discute en cas d'obésité (avec contraception)
Fertilité Acide folique et bilan du couple. Létrozole 2,5 mg PO die J3–7, à augmenter jusqu'à 7,5 mg selon l'ovulation, avec suivi échographique (grossesses multiples 6–8 %). Ensuite gonadotrophines ou FIV en clinique de fertilité. Envisager la chirurgie bariatrique en préconception si IMC > 40

💡 Moyen mnémotechnique HAIR-AN : Hirsutisme, Androgènes, Infertilité, Résistance à l'insuline, Acanthosis Nigricans. On évoque plutôt une tumeur virilisante devant une virilisation rapide ou une testostérone très élevée (> 2 fois la normale).

Références