En bref : La balanite (balanoposthite si le prépuce est atteint) est surtout candidosique ou irritative, chez l'homme non circoncis. Le diabète est le terrain classique, auquel s'ajoutent les iSGLT2. Le traitement comprend une hygiène douce et un azolé topique. Une balanite récidivante impose une glycémie ou HbA1c et des ITSS au besoin. Une lésion persistante > 4–6 semaines malgré le traitement doit être biopsiée (lichen scléreux, néoplasie intraépithéliale, carcinome).
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d'alarme : diriger vers l'urgence ou consulter rapidement
- Paraphimosis (prépuce rétracté coincé derrière le gland) non réductible : urgence (urologie de garde).
- Rétention urinaire ou impossibilité d'uriner sur phimosis ou balanite : urgence.
- Cellulite pénienne extensive, fièvre, crépitants ou douleur périnéale disproportionnée, surtout chez un diabétique sous iSGLT2 (gangrène de Fournier) : urgence.
- Lésion persistante > 4–6 semaines malgré le traitement, plaque blanche, ulcère induré ou masse : biopsie, consultation rapide en dermatologie ou urologie.
- Balanite récidivante avec polyurie, polydipsie, perte de poids ou atteinte de l'état général (diabète décompensé) : glycémie le jour même, urgence si hyperglycémie sévère.
📨 Référer : CRDS urologie (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence
Causes
| Cause | Indices |
|---|---|
| Candida | Érythème, papules ou pustules satellites, enduit blanchâtre, prurit. Diabète, iSGLT2, antibiotiques ; partenaire avec vaginite |
| Irritative ou dermatite de contact | Savons, lavage excessif, lubrifiants, spermicides, latex, incontinence |
| Bactérienne | Streptocoque du groupe A ou B, S. aureus : érythème vif, écoulement. Anaérobies : odeur fétide |
| ITSS | Trichomonas, gonocoque, chlamydia, herpès (vésicules ou ulcères), syphilis (chancre) |
| Balanite de Zoon (plasmocytaire) | Plaque rouge-orangé luisante, homme âgé non circoncis |
| Dermatoses | Psoriasis (plaque bien délimitée sans squame), dermatite séborrhéique, lichen plan, érythème pigmenté fixe (médicament) |
| Lichen scléreux | Plaques blanches atrophiques, phimosis acquis, sténose du méat. Risque de carcinome épidermoïde |
| Prémalin ou malin | Érythroplasie de Queyrat (carcinome in situ), carcinome épidermoïde : plaque persistante, ulcère, masse |
| Réactionnelle | Balanite circinée (arthrite réactionnelle) |
Évaluation
- Histoire :
- Hygiène, produits utilisés, médicaments (iSGLT2, antibiotiques, médicaments en cause dans l'érythème pigmenté fixe).
- Diabète connu, contacts sexuels, symptômes chez le ou la partenaire.
- Dysurie, récidives.
- Examen :
- Rétracter le prépuce si possible : exsudat, lésions satellites, ulcères, plaques blanches.
- Méat ; ganglions inguinaux.
- Examens :
- Glycémie ou HbA1c si récidive ou suspicion de diabète.
- Prélèvement de l'exsudat (culture, levures) si atypique ou réfractaire.
- ITSS selon le risque : TAAN gonocoque et chlamydia, PCR herpès des lésions, sérologies syphilis et VIH.
- Biopsie si persistance > 4–6 sem, plaque blanche ou induration.
Traitement
- Mesures générales :
- Laver à l'eau tiède ou au salin, sans savon irritant. Bien sécher sous le prépuce.
- Émollient (vaseline) comme barrière.
- Éviter les irritants.
- Candidosique :
- Clotrimazole 1 % crème BID × 7–14 j (ou miconazole).
- Si réfractaire ou très symptomatique : fluconazole 150 mg PO en dose unique.
- Inflammation importante : azolé + hydrocortisone 1 % quelques jours.
- Traiter le ou la partenaire s'il ou elle a des symptômes.
- Irritative : retirer la cause, émollient ; corticoïde faible (hydrocortisone 1 %) BID quelques jours.
- Anaérobie : métronidazole 500 mg PO BID × 7 j.
- Streptococcique ou staphylococcique : antibiotique oral selon la culture (céphalexine ; pénicilline pour le streptocoque A).
- ITSS : traiter selon le guide INESSS. Déclaration et intervention auprès des partenaires.
- Lichen scléreux, Zoon, psoriasis :
- Corticoïde très puissant (clobétasol 0,05 % onguent die × 4–12 sem pour le lichen scléreux).
- Référer en dermatologie ou en urologie.
- La circoncision est souvent curative pour Zoon et le lichen scléreux.
Phimosis et paraphimosis
- Phimosis physiologique chez l'enfant : prépuce non rétractable, normal jusqu'à 5–10 ans. Ne jamais forcer la rétraction. Gonflement du prépuce à la miction = bénin.
- Phimosis pathologique : anneau blanchâtre cicatriciel, balanites récidivantes, rétention, difficulté de rétraction chez l'adulte (lichen scléreux).
- Traitement : bétaméthasone 0,05–0,1 % ou équivalent BID × 4–8 sem avec rétraction douce.
- Si échec : circoncision ou plastie (urologie).
- Paraphimosis : prépuce rétracté coincé derrière le gland. C'est une urgence.
- Analgésie (bloc pénien), compression manuelle du gland 5–10 min (glace, bandage, sucre).
- Puis réduction manuelle en repoussant le gland et en ramenant le prépuce.
- Si échec : incision dorsale par l'urologue.
⚠️ Une lésion pénienne persistante malgré le traitement, une plaque blanche, un ulcère induré ou une masse doivent être biopsiés. Le phimosis et le lichen scléreux sont des facteurs de risque du carcinome du pénis.
💡 Balanite à répétition chez un homme qui n'a pas de diabète connu : penser à un diabète non diagnostiqué. Chez le diabétique sous iSGLT2, la balanite candidosique est un effet indésirable fréquent : hygiène, azolé, et réévaluer le médicament seulement si les récidives persistent.
Voir aussi
Références
- Guide d'usage optimal ITSS (INESSS) : traitement des causes infectieuses transmissibles. Voir la fiche ITSS.
- Guide de dermatologie du CIUSSS de l'Estrie-CHUS (section dermato du Carnet) : psoriasis, dermatite séborrhéique, puissance des corticoïdes topiques. Le guide ne couvre pas la balanite elle-même.
- Lignes directrices européennes IUSTI sur la balanoposthite (2022) et BASHH (2014) : causes, prise en charge et seuils de biopsie. Non vérifiées en ligne lors de cette révision ; aucune ligne directrice canadienne spécifique repérée.
- Notes personnelles de Dr H. (Apple Notes) : note sur la balanite et le phimosis, sans contenu clinique détaillé.