Dr H. SRV

Fiches › Gynécologie et santé sexuelle

Leucorrhées et infections vaginales

Gynécologie et santé sexuelleFiche révisée · oct. 2026

Voir aussi : INESSS — Trichomonas vaginalis · INESSS — Pertes vaginales inhabituelles

En bref : Trois causes dominent : la vaginose bactérienne (VB), la candidose vulvovaginale (CVV) et la trichomonase. Le pH vaginal (> 4,5 dans la VB et la trichomonase, < 4,5 dans la CVV), le test à la potasse et la microscopie orientent le diagnostic. Il faut toujours se demander s'il s'agit plutôt d'une cervicite (ITSS) : pertes mucopurulentes à l'endocol, saignement de contact. Dans ce cas on dépiste chlamydia et gonorrhée et on traite selon l'INESSS. La trichomonase est une ITSS : on traite les partenaires.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme : diriger vers l'urgence ou consulter rapidement

  • Pertes avec douleur pelvienne, fièvre ou sensibilité à la mobilisation du col (infection pelvienne, abcès) : urgence si atteinte de l'état général.
  • Pertes ou saignement chez la femme ménopausée, ou lésion vulvaire ou cervicale focale (cancer) : consultation rapide en gynécologie (biopsie).
  • Pertes anormales pendant la grossesse avec douleur, saignement ou contractions : urgence (obstétrique).
  • Pertes persistantes ou récidivantes malgré un traitement bien conduit : consultation rapide pour confirmer le diagnostic (culture, TAAN).

📨 Référer : CRDS gynécologie (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

Distinguer les causes

Vaginose bactérienne Candidose Trichomonase Vaginite atrophique
Pertes Fines, grises ou blanches, homogènes Épaisses, « caillées », sans odeur Abondantes, jaune-vert, spumeuses Peu abondantes
Symptômes Odeur de poisson (pire après les relations) ; souvent asymptomatique Prurit, brûlure, dysurie externe, dyspareunie Prurit, irritation ; 20–50 % asymptomatiques Sécheresse, dyspareunie, pétéchies
pH > 4,5 < 4,5 > 4,5 > 4,5
Test à la potasse (whiff) + − ± −
Microscopie Cellules indicatrices (clue cells) > 20 % Levures, pseudohyphes Trichomonas mobiles, nombreux PMN Cellules parabasales
Autre — Érythème et fissures vulvaires Col « fraise » Post-ménopause, allaitement

Algorithme

Oui

Non

pH > 4,5 + cellules indicatrices
ou whiff +

pH < 4,5 + levures
prurit

Trichomonas ou TAAN +

Atrophie post-ménopause

Bilan négatif, irritation

Pertes vaginales inhabituelles

Histoire : facteurs de risque d'ITSS,
grossesse, ménopause, irritants

Spéculum : col mucopurulent
ou friable ? Douleur pelvienne ?

Cervicite ou ITH possible
TAAN chlamydia, gonorrhée, trichomonas
Traitement selon le guide ITSS de l'INESSS

pH, test à la potasse,
état frais

Vaginose bactérienne

Candidose

Trichomonase
Traiter les partenaires

Œstrogène vaginal

Dermite de contact, irritants
Lésion focale : biopsie

Persistance ou récidive :
confirmer par culture ou Gram
avant un traitement prolongé

Traitements

Infection 1re intention Options et situations particulières
Vaginose bactérienne (si symptomatique) Métronidazole 500 mg PO BID × 7 j Métronidazole gel 0,75 % 5 g intravaginal HS × 5 j ; clindamycine crème 2 % 5 g HS × 7 j (affaiblit le latex). Grossesse symptomatique : métronidazole PO × 7 j ou clindamycine 300 mg PO BID × 7 j. Récidives : métronidazole gel 2 fois par semaine pendant 4 à 6 mois
Candidose non compliquée Fluconazole 150 mg PO × 1 ou azole intravaginal : clotrimazole ou miconazole, 1 à 7 jours Grossesse : azole topique × 7 j, éviter le fluconazole oral. CVV sévère : fluconazole 150 mg q72h × 2–3 doses
Candidose récidivante (≥ 4/an) Confirmer par culture, puis induction (fluconazole 150 mg q72h × 3) suivie de fluconazole 150 mg 1 fois/semaine × 6 mois C. glabrata : acide borique 600 mg intravaginal die × 14 j (préparation magistrale ; toxique par voie orale)
Trichomonase Métronidazole 500 mg PO BID × 7 j 2 g PO dose unique en 2e choix. Grossesse et allaitement : 500 mg BID × 7 j. Partenaires : traitement épidémiologique. Le gel vaginal n'est pas efficace
Vaginite atrophique Œstrogène vaginal : œstradiol 10 µg comprimé, anneau, crème Voir la fiche « Ménopause et hormonothérapie »

⚠️ Mis à jour (INESSS, guide Trichomonas vaginalis, 2025) : le traitement de 7 jours est préféré à la dose unique de 2 g chez la femme. Il faut s'abstenir de relations jusqu'à la fin du traitement et la disparition des symptômes, ou 7 jours après une dose unique. Aucun test de contrôle n'est requis si les symptômes disparaissent. En cas de persistance, refaire le TAAN ≥ 3 semaines après le traitement.

Pièges et perles

Références