En bref : Avant tout, on confirme la thrombopénie (exclure la pseudothrombopénie par agglutination à l'EDTA : tube citraté et frottis). Ensuite, on élimine les urgences : PTT/MAT (schizocytes), TIH, CIVD, HELLP, leucémie aiguë. Chez le patient hospitalisé, les causes les plus fréquentes sont les médicaments et l'infection. Pour un saignement, on distingue l'hémostase primaire (plaquettes, vWF : saignements cutanéomuqueux immédiats) de la secondaire (facteurs : saignements profonds, retardés), puis on fait le bilan FSC, INR, PTT et fibrinogène.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d'alarme
- Schizocytes + thrombopénie : PTT/MAT (PLASMIC 6–7 = risque élevé).
- Chute > 50 % à J5–10 sous héparine : TIH.
- Sepsis avec INR ↑, plaquettes ↓, D-dimères ↑ : CIVD.
- Grossesse + HTA : HELLP ; blastes : leucémie aiguë.
- Saignement SNC ou GI majeur ; PTT isolé ↑ non corrigé (hémophilie acquise).
✅ À faire maintenant
- Frottis + tube citraté (pseudothrombopénie).
- FSC, LDH, haptoglobine, bilirubine, INR, PTT, fibrinogène, D-dimères, créatinine, B12, folates, VIH, VHC.
- Score 4T avant l'anti-PF4 ; ADAMTS13 avant le plasma.
- Revoir les médicaments (héparine, TMP-SMX, vancomycine).
- Saignement : primaire ou secondaire ; épreuve de mélange.
💊 Premières ordonnances
- TIH : cesser toute héparine ; anticoagulant non héparinique à dose thérapeutique : stable et ClCr ≥ 30, fondaparinux 5 / 7,5 / 10 mg SC die selon le poids ou rivaroxaban 15 mg PO BID ; instable, saignement ou IR : urgence (anticoagulant non héparinique IV) (voir TIH).
- PTT suspecté : transfert immédiat à l'urgence (échange plasmatique en 4–8 h) ; pas de plaquettes.
- PTI : prednisone 1 mg/kg PO die ou dexaméthasone 40 mg PO die × 4 j ; saignement : urgence (IgIV).
- Transfusion de plaquettes (à l'hôpital) : < 10 prophylaxie ; < 20 PL ; < 50 chirurgie majeure ou saignement.
- Saignement actif important : urgence (vitamine K IV, acide tranexamique IV).
📞 Appeler / référer si
- Hématologie d'urgence : PTT, saignement grave, hémophilie acquise, atteinte médullaire.
- Plaquettes < 25 sous anticoagulant.
📨 Référer : CRDS hématologie et néoplasie hématologique adulte · CRDS oncologie médicale / hémato-oncologie adulte (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence
🔗 Ressources et raisonnement
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Hémostase : rappel
- Les 3 phases :
- Hémostase primaire : vasoconstriction et clou plaquettaire (vWF, GPIb, GPIIb/IIIa).
- Hémostase secondaire : cascade de coagulation, puis caillot de fibrine stabilisé par le facteur XIII.
- Fibrinolyse.
- INR/TP : voie extrinsèque (facteur VII) et voie commune. PTT : voie intrinsèque (XII, XI, IX, VIII) et voie commune (X, V, II, fibrinogène).
💡 Moyen mnémotechnique : « Tennis is played outside » (PT = voie eXtrinsèque) ; « Table Tennis is played inside » (PTT = voie intrinsèque).
Thrombocytopénie
- Définition : plaquettes < 150 × 10⁹/L.
- Le risque de saignement spontané devient important sous 20 × 10⁹/L et sévère sous 10 × 10⁹/L.
- Saignement chirurgical : risque sous 50 × 10⁹/L.
Causes
| Mécanisme | Causes |
|---|---|
| ↓ Production | Aplasie médullaire, chimiothérapie ou radiothérapie, alcool, carence en B12 ou en folates, méthotrexate, infiltration (leucémie, lymphome, métastases, myélofibrose), myélodysplasie, virus (VIH, VHC, EBV, CMV), causes congénitales |
| ↑ Destruction immune | PTI primaire ou secondaire (lupus, LLC, VIH, VHC, SAPL), TIH, médicaments, post-transfusionnelle (alloimmune) |
| ↑ Destruction non immune (consommation) | CIVD, PTT/SHU, prééclampsie/HELLP, sepsis, valve prothétique, circulation extracorporelle, ballon intra-aortique |
| Séquestration | Splénomégalie ou hypersplénisme (cirrhose avec hypertension portale) |
| Dilution | Transfusion massive, réanimation liquidienne abondante |
| Fausse | Pseudothrombopénie à l'EDTA (agrégats au frottis) |
- Médicaments fréquemment en cause :
- héparine (TIH), TMP-SMX, vancomycine, pipéracilline-tazobactam, rifampicine ;
- linézolide, quinine ou quinidine, anti-GPIIb/IIIa, valproate, carbamazépine, phénytoïne ;
- amiodarone, digoxine, thiazides, anti-H2, AINS, acétaminophène, alcool.
- Une thrombopénie d'origine médicamenteuse survient typiquement 5 à 10 jours après le début (en quelques heures en cas de réexposition ou avec les anti-GPIIb/IIIa).
Approche
Bilan
- FSC avec frottis (revu par l'hématologiste en cas de doute), réticulocytes.
- Créatinine, bilan hépatique, LDH, haptoglobine, bilirubine, INR, PTT, fibrinogène, D-dimères.
- B12, folates ; VIH, VHC (et VHB avant rituximab) ; TSH. β-hCG chez la femme en âge de procréer.
- Selon le contexte : ANA, anticorps antiphospholipides, Coombs direct, échographie abdominale (rate, foie), anti-PF4 (TIH), ADAMTS13.
Situations spécifiques
Purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT) : urgence
- Thrombopénie souvent < 30 + anémie hémolytique microangiopathique (schizocytes, Coombs négatif) ± atteinte neurologique, rénale, fièvre. La pentade complète est rare.
- Score PLASMIC : 1 point par critère.
- plaquettes < 30 × 10⁹/L ;
- hémolyse (réticulocytes > 2,5 %, haptoglobine indétectable ou bilirubine indirecte > 34 µmol/L) ;
- pas de cancer actif ;
- pas de greffe ;
- MCV < 90 fL ;
- INR < 1,5 ;
- créatinine < 177 µmol/L.
- Interprétation : 6–7 = risque élevé ; 5 = intermédiaire ; 0–4 = faible.
- Transfert immédiat à l'urgence, sans attendre le résultat de l'ADAMTS13 (à prélever avant le plasma).
- À l'hôpital (résumé) : échange plasmatique dans les 4 à 8 h, corticostéroïdes, rituximab si ADAMTS13 < 10 %.
⚠️ Pas de transfusion de plaquettes dans le PTT, sauf en cas de saignement grave menaçant la vie (risque de thromboses).
CIVD
- Causes (OMITS) : obstétriques, malignité (dont la LAP), infection ou sepsis, traumatisme ou brûlures, shock (choc).
- Biologie : INR ↑, PTT ↑, plaquettes ↓, fibrinogène ↓, D-dimères ↑↑, schizocytes ; le fibrinogène peut rester normal (phase aiguë) : suivre la tendance.
- À l'hôpital (résumé) : traiter la cause ; score ISTH (CIVD manifeste si ≥ 5) ; plaquettes, plasma ou fibrinogène selon le saignement ; thromboprophylaxie si pas de saignement.
Thrombopénie immune primaire (PTI)
- Diagnostic d'exclusion : thrombopénie isolée, frottis normal (grosses plaquettes), pas de splénomégalie. Exclure VIH, VHC, médicaments, lupus, LLC.
- Traiter si plaquettes < 30 × 10⁹/L ou en cas de saignement. Hospitaliser si < 20 au diagnostic ou s'il y a un saignement.
| Situation | Traitement |
|---|---|
| 1re ligne | Prednisone 0,5–2 mg/kg/j (habituellement 1 mg/kg), ≤ 6 semaines au total, sevrage inclus, ou dexaméthasone 40 mg PO die × 4 j (répétable) |
| Saignement ou hausse rapide nécessaire (chirurgie) | Ajouter les IgIV 1 g/kg × 1–2 jours |
| Saignement grave (SNC, GI majeur) | Transfert à l'urgence par ambulance ; hématologie d'urgence |
| 2e ligne | Selon l'hématologie : agoniste du récepteur de la TPO ou rituximab, puis autres agents |
⚠️ Mis à jour (ASH, 2026) : agent TPO ou rituximab ajouté d'emblée aux corticostéroïdes dans le PTI nouvellement diagnostiqué ; splénectomie retirée des recommandations ; seuil de 30 × 10⁹/L et corticothérapie ≤ 6 sem inchangés. Décision avec l'hématologie.
TIH
- On y pense devant une chute de plaquettes de > 50 % entre le 5e et le 10e jour d'exposition à l'héparine, ou devant une thrombose.
- Score 4T, anti-PF4, arrêt de toute héparine (y compris les rinçages), anticoagulation non héparinique. Voir la fiche « Thrombopénie induite par l'héparine (TIH) ».
Transfusion de plaquettes : seuils (résumé)
- Seuils restrictifs (AABB/ICTMG, 2025) : < 10 en prophylaxie sans saignement ; < 20 pour une ponction lombaire ; < 50 pour une chirurgie majeure ou un saignement majeur actif (< 100 si SNC ou neurochirurgie).
- À éviter dans le PTT et la TIH sauf saignement menaçant la vie ; pas de transfusion dans l'HIC sous antiplaquettaire si plaquettes > 100.
Anticoagulation et thrombopénie
- Plaquettes > 50 : anticoagulation à pleine dose possible.
- 25–50 (TEV aiguë à risque élevé) : pleine dose avec soutien transfusionnel, ou dose réduite de moitié (HBPM), selon la gravité de la thrombose.
- < 25 : suspendre en général. Discuter avec l'hématologie.
- La thromboprophylaxie se suspend généralement si les plaquettes sont < 50.
Diathèse hémorragique
Primaire ou secondaire ?
| Hémostase primaire (plaquettes, vWF, vaisseaux) | Hémostase secondaire (facteurs de coagulation) | |
|---|---|---|
| Début | Immédiat après le traumatisme | Retardé (heures, jours) |
| Site | Cutanéomuqueux : épistaxis, gingivorragie, ménorragies, GI | Profond : hémarthroses, hématomes musculaires, rétropéritonéal |
| Lésions | Pétéchies, petites ecchymoses superficielles | Grandes ecchymoses, hématomes |
| Coupures superficielles | Saignement prolongé | Saignement normal ou peu prolongé |
| Exemples | Thrombopénie, von Willebrand, antiplaquettaires, urémie, myéloprolifératif | Hémophilies A et B, anticoagulants, carence en vitamine K, cirrhose, CIVD |
- Causes vasculaires (plaquettes et coagulation normales) :
- purpura sénile, corticothérapie ou Cushing, scorbut ;
- vasculite (purpura palpable : vasculite à IgA/Henoch-Schönlein) ;
- Osler-Weber-Rendu, Ehlers-Danlos, amyloïdose.
- Hémophilie A, les « 5 H » : hémarthroses, hématomes, hématochézie, hématurie, hémorragie intracrânienne.
Interprétation du bilan de dépistage (FSC, INR, PTT, fibrinogène)
| INR | PTT | Causes |
|---|---|---|
| ↑ | Normal | Warfarine, carence en vitamine K légère (malnutrition, antibiotiques), cirrhose débutante, déficit en facteur VII |
| Normal | ↑ | Héparine, déficit en VIII, IX, XI (hémophilies), von Willebrand (variable), déficit en XII (pas de saignement), anticoagulant lupique (thrombose, pas saignement !), inhibiteur acquis (anti-VIII) |
| ↑ | ↑ | CIVD, cirrhose avancée, carence sévère en vitamine K, surdosage d'anticoagulant, AOD (anti-Xa et dabigatran, variable), déficit en X, V, II ou fibrinogène, amyloïdose (déficit en X) |
| Normal | Normal | Trouble plaquettaire (nombre ou fonction), von Willebrand, déficit en XIII, troubles vasculaires, hyperfibrinolyse |
- Épreuve de mélange (1:1 avec du plasma normal) :
- le test se corrige : déficit en facteur ;
- il ne se corrige pas : inhibiteur (anticoagulant lupique, anti-facteur VIII acquis, héparine).
- Von Willebrand : c'est le trouble héréditaire le plus fréquent (environ 1 %). Doser l'antigène, l'activité du vWF et le facteur VIII. Traitement : desmopressine (type 1), concentré de vWF, acide tranexamique.
- Hémophilie A acquise (personne âgée, post-partum, auto-immunité, cancer) : PTT isolé ↑ non corrigé par le mélange avec un saignement important. C'est une urgence hématologique.
- Les AOD ne prolongent pas l'INR ni le PTT de façon fiable : demander un dosage spécifique (anti-Xa calibré, temps de thrombine dilué).
Prise en charge générale
- Cesser les antiplaquettaires et les AINS. Corriger la cause :
- vitamine K PO si carence ou warfarine (IV à l'urgence si saignement important) ;
- desmopressine si urémie ou von Willebrand type 1 (à l'urgence ou selon l'hématologie) ;
- concentrés de facteurs (hémophilie) ;
- antidotes des anticoagulants : voir la fiche « Saignement sous anticoagulant et réversion ».
- Acide tranexamique 25 mg/kg PO pour les saignements muqueux, la chirurgie dentaire, les ménorragies. Éviter dans l'hématurie haute (caillots obstructifs).
- Cirrhose : l'INR ne reflète pas le risque de saignement (hémostase rééquilibrée). Ne pas transfuser de plasma pour « corriger l'INR » avant une intervention à faible risque.
Diathèse thrombotique (hypercoagulabilité)
- Triade de Virchow : lésion endothéliale, stase, hypercoagulabilité.
- Causes héréditaires (« CALM APES ») :
- facteur V Leiden (le plus fréquent), prothrombine G20210A ;
- déficits en protéine C, protéine S, antithrombine ;
- ↑ facteur VIII.
- Causes acquises :
- cancer et ses traitements (tamoxifène, thalidomide, lénalidomide) ;
- chirurgie (surtout orthopédique), traumatisme, immobilisation, cathéter central ;
- grossesse ou post-partum, œstrogènes (COC, hormonothérapie de remplacement) ;
- syndrome des antiphospholipides (SAPL) ;
- syndromes myéloprolifératifs (polyglobulie vraie, thrombocytémie essentielle) ;
- HPN ;
- MII, syndrome néphrotique, IC.
- Thromboses artérielles ET veineuses : SAPL, néoplasie myéloproliférative, TIH, HPN, embolie paradoxale (FOP).
- Sites inhabituels (splanchnique, cérébral) : chercher une NMP (JAK2), une HPN, un SAPL ou un cancer.
Tester la thrombophilie : quand et comment
- Rarement utile : elle change rarement la durée de l'anticoagulation, qui dépend du caractère provoqué ou non de l'événement.
- À considérer :
- TEV non provoquée chez un patient jeune (< 50 ans) avec une forte histoire familiale ;
- thrombose de site inhabituel ;
- thromboses récidivantes ;
- nécrose cutanée sous warfarine (déficit en protéine C) ;
- avant une contraception ou une grossesse chez une femme dont un apparenté a une thrombophilie à risque élevé.
- Anticorps antiphospholipides (anticoagulant lupique, anticardiolipines, anti-β2GP1, à répéter à 12 semaines) : après une TEV non provoquée, une thrombose artérielle chez un sujet jeune ou une morbidité obstétricale.
⚠️ SAPL triple positif : les AOD sont contre-indiqués. Utiliser la warfarine.
- Moment des tests :
- Les protéines C, S et l'antithrombine sont abaissées en thrombose aiguë, sous héparine (antithrombine), sous warfarine (C, S), pendant la grossesse et les œstrogènes (S). Tester à distance de l'épisode aigu et de l'anticoagulation.
- Les AOD faussent l'anticoagulant lupique et certains dosages.
- Les tests génétiques (facteur V Leiden, prothrombine) sont valides en tout temps.
💡 L'anticoagulant lupique prolonge le PTT, mais c'est un piège de nom : il cause des thromboses, pas des saignements.
Recherche de cancer occulte après une TEV non provoquée
- Bilan limité :
- anamnèse et examen complets ;
- FSC, calcium, bilan hépatique, créatinine, analyse d'urine ;
- RX pulmonaire ;
- dépistages selon l'âge à jour : mammographie, col, côlon, poumon si admissible.
- La TDM abdomino-pelvienne systématique n'améliore pas l'issue (essai SOME). On la réserve aux cas avec indices cliniques.
- Pour l'évaluation (Wells, D-dimères, écho), le traitement et la durée de la TVP et de l'EP, ainsi que la thrombophlébite superficielle : voir la fiche « Thromboembolie veineuse ». Pour la prévention : voir « Prophylaxie de la TEV chez le patient hospitalisé ».
Contre-indications à l'anticoagulation (rappel)
| Absolues | Relatives |
|---|---|
| Saignement actif majeur | Diathèse ou thrombopénie légère à modérée |
| Diathèse sévère ou plaquettes < 20–25 | Métastases cérébrales, AVC récent |
| Hémorragie intracrânienne récente | Traumatisme majeur récent |
| Neurochirurgie ou chirurgie oculaire < 10 j | Chirurgie abdominale majeure < 2 j ; saignement GI ou GU < 1–4 j |
| Endocardite ; HTA sévère (> 200/120) |
Pièges et perles
- Toujours regarder le frottis : agrégats (pseudothrombopénie), schizocytes (MAT), blastes, macrocytose avec neutrophiles hypersegmentés (B12).
- À l'étage, une chute de plaquettes à J5–10 sous héparine, c'est une TIH jusqu'à preuve du contraire. Calculer le 4T avant de demander l'anti-PF4.
- Un patient septique avec INR ↑, plaquettes ↓ et D-dimères ↑ a une CIVD. Le fibrinogène bas est un signe tardif.
- Thrombopénie + hypertension + femme enceinte ou post-partum : HELLP jusqu'à preuve du contraire.
- Splénomégalie (« CHINA ») : Cirrhose et congestion, Hématologique, Infection, Néoplasie, Auto-immunité.
- Warfarine : un bolus de 10 mg fait chuter la protéine C en 36 h (état prothrombotique transitoire). Elle n'est pleinement efficace qu'après environ 4 jours (facteurs II, IX, X) : chevauchement avec l'héparine ≥ 5 jours et jusqu'à RNI ≥ 2 pendant 24 h.
Purpura chez l’enfant
Résumé dans nos mots, d’après les fiches du Dr Jean-Bernard Girodias (CHU Sainte-Justine, 2020). Pour le retrait du service de garde ou de l’école, suivre le guide du MSSS « Prévention et contrôle des infections dans les services de garde et écoles du Québec » et la santé publique.
| Purpura | Tableau | Conduite |
|---|---|---|
| Méningococcémie | Enfant fébrile, toxique ; pétéchies puis purpura qui s’étend vite (purpura fulminans) | Tout purpura fébrile est une méningococcémie jusqu’à preuve du contraire : antibiotique sans délai, transfert urgent, chimioprophylaxie des contacts étroits |
| Purpura de Henoch-Schönlein (vasculite à IgA) | Enfant afébrile, purpura palpable aux jambes et fesses, douleurs abdominales, arthralgies, hématurie | Symptomatique ; surveiller TA et analyse d’urine aux 3 à 5 semaines pendant 3 à 4 mois ; risques : néphrite, invagination, saignement digestif |
| Purpura thrombopénique immunologique (PTI) | Enfant en forme, souvent après un virus ; pétéchies et ecchymoses, saignement des muqueuses ; pas de fièvre, d’adénopathie, de rate ni d’anémie | FSC et frottis le jour même : plaquettes basses isolées ; pédiatrie selon le compte et les saignements ; pas d’AINS ni de sports de contact |
| Purpura factice ou traditionnel | Pétéchies bien délimitées, disposition bizarre : autour de la bouche (succion d’un verre), suçons, ventouses, cao gio (frottement avec une pièce) | Bilan sanguin normal ; questionner les pratiques culturelles ; penser aussi à la maltraitance |
Références
- Girodias J.-B. Maladies éruptives, purpuras et dermites de l’enfant (fiches de reconnaissance). CHU Sainte-Justine, Montréal, 2020.
- Platelet transfusion: 2025 AABB and ICTMG international clinical practice guidelines – résumé (JournalFeed, 2025)
- ASH 2026 Guidelines for ITP: summary of changes (American Society of Hematology, 2026)
- TTP pocket resource for clinicians (The Blood Project, 2025)
- Formulaire de consultation en hématologie AH-760 – alertes cliniques (MSSS, 2021)
- Notes personnelles de Dr H. (Apple Notes) : « thrombocytopenia » (Calgary Black Book), « Diathèse hémorragique » et « Diathèse thrombotique » (objectifs du CMC, Toronto Notes, UpToDate, Calgary Guide), accueil clinique TVP (Le Médecin du Québec, 2018).