Dr H. SRV

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Thrombocytopénie et diathèses hémorragiques et thrombotiques

Hématologie, oncologie et anticoagulationFiche révisée · 15 oct. 2026

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Fiche détaillée : commence par « Au chevet » ; les autres sections sont repliées (« Tout déplier » pour tout afficher).

En bref : Avant tout, on confirme la thrombopénie (exclure la pseudothrombopénie par agglutination à l'EDTA : tube citraté et frottis). Ensuite, on élimine les urgences : PTT/MAT (schizocytes), TIH, CIVD, HELLP, leucémie aiguë. Chez le patient hospitalisé, les causes les plus fréquentes sont les médicaments et l'infection. Pour un saignement, on distingue l'hémostase primaire (plaquettes, vWF : saignements cutanéomuqueux immédiats) de la secondaire (facteurs : saignements profonds, retardés), puis on fait le bilan FSC, INR, PTT et fibrinogène.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme

  • Schizocytes + thrombopénie : PTT/MAT (PLASMIC 6–7 = risque élevé).
  • Chute > 50 % à J5–10 sous héparine : TIH.
  • Sepsis avec INR ↑, plaquettes ↓, D-dimères ↑ : CIVD.
  • Grossesse + HTA : HELLP ; blastes : leucémie aiguë.
  • Saignement SNC ou GI majeur ; PTT isolé ↑ non corrigé (hémophilie acquise).

✅ À faire maintenant

  • Frottis + tube citraté (pseudothrombopénie).
  • FSC, LDH, haptoglobine, bilirubine, INR, PTT, fibrinogène, D-dimères, créatinine, B12, folates, VIH, VHC.
  • Score 4T avant l'anti-PF4 ; ADAMTS13 avant le plasma.
  • Revoir les médicaments (héparine, TMP-SMX, vancomycine).
  • Saignement : primaire ou secondaire ; épreuve de mélange.

💊 Premières ordonnances

  • TIH : cesser toute héparine ; anticoagulant non héparinique à dose thérapeutique : stable et ClCr ≥ 30, fondaparinux 5 / 7,5 / 10 mg SC die selon le poids ou rivaroxaban 15 mg PO BID ; instable, saignement ou IR : urgence (anticoagulant non héparinique IV) (voir TIH).
  • PTT suspecté : transfert immédiat à l'urgence (échange plasmatique en 4–8 h) ; pas de plaquettes.
  • PTI : prednisone 1 mg/kg PO die ou dexaméthasone 40 mg PO die × 4 j ; saignement : urgence (IgIV).
  • Transfusion de plaquettes (à l'hôpital) : < 10 prophylaxie ; < 20 PL ; < 50 chirurgie majeure ou saignement.
  • Saignement actif important : urgence (vitamine K IV, acide tranexamique IV).

📞 Appeler / référer si

  • Hématologie d'urgence : PTT, saignement grave, hémophilie acquise, atteinte médullaire.
  • Plaquettes < 25 sous anticoagulant.

📨 Référer : CRDS hématologie et néoplasie hématologique adulte · CRDS oncologie médicale / hémato-oncologie adulte (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

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Hémostase : rappel

  • Les 3 phases :
    • Hémostase primaire : vasoconstriction et clou plaquettaire (vWF, GPIb, GPIIb/IIIa).
    • Hémostase secondaire : cascade de coagulation, puis caillot de fibrine stabilisé par le facteur XIII.
    • Fibrinolyse.
  • INR/TP : voie extrinsèque (facteur VII) et voie commune. PTT : voie intrinsèque (XII, XI, IX, VIII) et voie commune (X, V, II, fibrinogène).

💡 Moyen mnémotechnique : « Tennis is played outside » (PT = voie eXtrinsèque) ; « Table Tennis is played inside » (PTT = voie intrinsèque).

Thrombocytopénie

  • Définition : plaquettes < 150 × 10⁹/L.
    • Le risque de saignement spontané devient important sous 20 × 10⁹/L et sévère sous 10 × 10⁹/L.
    • Saignement chirurgical : risque sous 50 × 10⁹/L.

Causes

Mécanisme Causes
↓ Production Aplasie médullaire, chimiothérapie ou radiothérapie, alcool, carence en B12 ou en folates, méthotrexate, infiltration (leucémie, lymphome, métastases, myélofibrose), myélodysplasie, virus (VIH, VHC, EBV, CMV), causes congénitales
↑ Destruction immune PTI primaire ou secondaire (lupus, LLC, VIH, VHC, SAPL), TIH, médicaments, post-transfusionnelle (alloimmune)
↑ Destruction non immune (consommation) CIVD, PTT/SHU, prééclampsie/HELLP, sepsis, valve prothétique, circulation extracorporelle, ballon intra-aortique
Séquestration Splénomégalie ou hypersplénisme (cirrhose avec hypertension portale)
Dilution Transfusion massive, réanimation liquidienne abondante
Fausse Pseudothrombopénie à l'EDTA (agrégats au frottis)
  • Médicaments fréquemment en cause :
    • héparine (TIH), TMP-SMX, vancomycine, pipéracilline-tazobactam, rifampicine ;
    • linézolide, quinine ou quinidine, anti-GPIIb/IIIa, valproate, carbamazépine, phénytoïne ;
    • amiodarone, digoxine, thiazides, anti-H2, AINS, acétaminophène, alcool.
    • Une thrombopénie d'origine médicamenteuse survient typiquement 5 à 10 jours après le début (en quelques heures en cas de réexposition ou avec les anti-GPIIb/IIIa).

Approche

Agrégats, normal en citrate

Vraie thrombopénie

Oui

Coagulation normale

INR/PTT ↑, fibrinogène ↓

Non

Oui

Non

Oui

Non, isolée

Plaquettes < 150
Revoir les valeurs antérieures

Frottis + tube citraté

Pseudothrombopénie :
aucune action

Schizocytes ?
LDH, haptoglobine, bilirubine

MAT : PTT, SHU, CIVD,
HELLP, HTA maligne
INR, PTT, fibrinogène

PTT probable : PLASMIC,
ADAMTS13, URGENCE
hématologie, échange plasmatique

CIVD : traiter la cause

Héparine dans les 5-10 derniers jours ?
Chute > 50 % ?

Score 4T : si ≥ 4,
cesser toute héparine,
anti-PF4, anticoagulant
non héparinique

Autres lignées atteintes ?
Blastes ?

Atteinte médullaire :
B12, folates, alcool, virus
Hématologie, moelle

Médicament, infection,
splénomégalie, cirrhose
Diagnostic d'exclusion : PTI

Bilan

  • FSC avec frottis (revu par l'hématologiste en cas de doute), réticulocytes.
  • Créatinine, bilan hépatique, LDH, haptoglobine, bilirubine, INR, PTT, fibrinogène, D-dimères.
  • B12, folates ; VIH, VHC (et VHB avant rituximab) ; TSH. β-hCG chez la femme en âge de procréer.
  • Selon le contexte : ANA, anticorps antiphospholipides, Coombs direct, échographie abdominale (rate, foie), anti-PF4 (TIH), ADAMTS13.

Situations spécifiques

Purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT) : urgence

  • Thrombopénie souvent < 30 + anémie hémolytique microangiopathique (schizocytes, Coombs négatif) ± atteinte neurologique, rénale, fièvre. La pentade complète est rare.
  • Score PLASMIC : 1 point par critère.
    • plaquettes < 30 × 10⁹/L ;
    • hémolyse (réticulocytes > 2,5 %, haptoglobine indétectable ou bilirubine indirecte > 34 µmol/L) ;
    • pas de cancer actif ;
    • pas de greffe ;
    • MCV < 90 fL ;
    • INR < 1,5 ;
    • créatinine < 177 µmol/L.
    • Interprétation : 6–7 = risque élevé ; 5 = intermédiaire ; 0–4 = faible.
  • Transfert immédiat à l'urgence, sans attendre le résultat de l'ADAMTS13 (à prélever avant le plasma).
  • À l'hôpital (résumé) : échange plasmatique dans les 4 à 8 h, corticostéroïdes, rituximab si ADAMTS13 < 10 %.

⚠️ Pas de transfusion de plaquettes dans le PTT, sauf en cas de saignement grave menaçant la vie (risque de thromboses).

CIVD

  • Causes (OMITS) : obstétriques, malignité (dont la LAP), infection ou sepsis, traumatisme ou brûlures, shock (choc).
  • Biologie : INR ↑, PTT ↑, plaquettes ↓, fibrinogène ↓, D-dimères ↑↑, schizocytes ; le fibrinogène peut rester normal (phase aiguë) : suivre la tendance.
  • À l'hôpital (résumé) : traiter la cause ; score ISTH (CIVD manifeste si ≥ 5) ; plaquettes, plasma ou fibrinogène selon le saignement ; thromboprophylaxie si pas de saignement.

Thrombopénie immune primaire (PTI)

  • Diagnostic d'exclusion : thrombopénie isolée, frottis normal (grosses plaquettes), pas de splénomégalie. Exclure VIH, VHC, médicaments, lupus, LLC.
  • Traiter si plaquettes < 30 × 10⁹/L ou en cas de saignement. Hospitaliser si < 20 au diagnostic ou s'il y a un saignement.
Situation Traitement
1re ligne Prednisone 0,5–2 mg/kg/j (habituellement 1 mg/kg), ≤ 6 semaines au total, sevrage inclus, ou dexaméthasone 40 mg PO die × 4 j (répétable)
Saignement ou hausse rapide nécessaire (chirurgie) Ajouter les IgIV 1 g/kg × 1–2 jours
Saignement grave (SNC, GI majeur) Transfert à l'urgence par ambulance ; hématologie d'urgence
2e ligne Selon l'hématologie : agoniste du récepteur de la TPO ou rituximab, puis autres agents

⚠️ Mis à jour (ASH, 2026) : agent TPO ou rituximab ajouté d'emblée aux corticostéroïdes dans le PTI nouvellement diagnostiqué ; splénectomie retirée des recommandations ; seuil de 30 × 10⁹/L et corticothérapie ≤ 6 sem inchangés. Décision avec l'hématologie.

TIH

  • On y pense devant une chute de plaquettes de > 50 % entre le 5e et le 10e jour d'exposition à l'héparine, ou devant une thrombose.
  • Score 4T, anti-PF4, arrêt de toute héparine (y compris les rinçages), anticoagulation non héparinique. Voir la fiche « Thrombopénie induite par l'héparine (TIH) ».

Transfusion de plaquettes : seuils (résumé)

  • Seuils restrictifs (AABB/ICTMG, 2025) : < 10 en prophylaxie sans saignement ; < 20 pour une ponction lombaire ; < 50 pour une chirurgie majeure ou un saignement majeur actif (< 100 si SNC ou neurochirurgie).
  • À éviter dans le PTT et la TIH sauf saignement menaçant la vie ; pas de transfusion dans l'HIC sous antiplaquettaire si plaquettes > 100.

Anticoagulation et thrombopénie

  • Plaquettes > 50 : anticoagulation à pleine dose possible.
  • 25–50 (TEV aiguë à risque élevé) : pleine dose avec soutien transfusionnel, ou dose réduite de moitié (HBPM), selon la gravité de la thrombose.
  • < 25 : suspendre en général. Discuter avec l'hématologie.
  • La thromboprophylaxie se suspend généralement si les plaquettes sont < 50.

Diathèse hémorragique

Primaire ou secondaire ?

Hémostase primaire (plaquettes, vWF, vaisseaux) Hémostase secondaire (facteurs de coagulation)
Début Immédiat après le traumatisme Retardé (heures, jours)
Site Cutanéomuqueux : épistaxis, gingivorragie, ménorragies, GI Profond : hémarthroses, hématomes musculaires, rétropéritonéal
Lésions Pétéchies, petites ecchymoses superficielles Grandes ecchymoses, hématomes
Coupures superficielles Saignement prolongé Saignement normal ou peu prolongé
Exemples Thrombopénie, von Willebrand, antiplaquettaires, urémie, myéloprolifératif Hémophilies A et B, anticoagulants, carence en vitamine K, cirrhose, CIVD
  • Causes vasculaires (plaquettes et coagulation normales) :
    • purpura sénile, corticothérapie ou Cushing, scorbut ;
    • vasculite (purpura palpable : vasculite à IgA/Henoch-Schönlein) ;
    • Osler-Weber-Rendu, Ehlers-Danlos, amyloïdose.
  • Hémophilie A, les « 5 H » : hémarthroses, hématomes, hématochézie, hématurie, hémorragie intracrânienne.

Interprétation du bilan de dépistage (FSC, INR, PTT, fibrinogène)

INR PTT Causes
↑ Normal Warfarine, carence en vitamine K légère (malnutrition, antibiotiques), cirrhose débutante, déficit en facteur VII
Normal ↑ Héparine, déficit en VIII, IX, XI (hémophilies), von Willebrand (variable), déficit en XII (pas de saignement), anticoagulant lupique (thrombose, pas saignement !), inhibiteur acquis (anti-VIII)
↑ ↑ CIVD, cirrhose avancée, carence sévère en vitamine K, surdosage d'anticoagulant, AOD (anti-Xa et dabigatran, variable), déficit en X, V, II ou fibrinogène, amyloïdose (déficit en X)
Normal Normal Trouble plaquettaire (nombre ou fonction), von Willebrand, déficit en XIII, troubles vasculaires, hyperfibrinolyse
  • Épreuve de mélange (1:1 avec du plasma normal) :
    • le test se corrige : déficit en facteur ;
    • il ne se corrige pas : inhibiteur (anticoagulant lupique, anti-facteur VIII acquis, héparine).
  • Von Willebrand : c'est le trouble héréditaire le plus fréquent (environ 1 %). Doser l'antigène, l'activité du vWF et le facteur VIII. Traitement : desmopressine (type 1), concentré de vWF, acide tranexamique.
  • Hémophilie A acquise (personne âgée, post-partum, auto-immunité, cancer) : PTT isolé ↑ non corrigé par le mélange avec un saignement important. C'est une urgence hématologique.
  • Les AOD ne prolongent pas l'INR ni le PTT de façon fiable : demander un dosage spécifique (anti-Xa calibré, temps de thrombine dilué).

Prise en charge générale

  • Cesser les antiplaquettaires et les AINS. Corriger la cause :
    • vitamine K PO si carence ou warfarine (IV à l'urgence si saignement important) ;
    • desmopressine si urémie ou von Willebrand type 1 (à l'urgence ou selon l'hématologie) ;
    • concentrés de facteurs (hémophilie) ;
    • antidotes des anticoagulants : voir la fiche « Saignement sous anticoagulant et réversion ».
  • Acide tranexamique 25 mg/kg PO pour les saignements muqueux, la chirurgie dentaire, les ménorragies. Éviter dans l'hématurie haute (caillots obstructifs).
  • Cirrhose : l'INR ne reflète pas le risque de saignement (hémostase rééquilibrée). Ne pas transfuser de plasma pour « corriger l'INR » avant une intervention à faible risque.

Diathèse thrombotique (hypercoagulabilité)

  • Triade de Virchow : lésion endothéliale, stase, hypercoagulabilité.
  • Causes héréditaires (« CALM APES ») :
    • facteur V Leiden (le plus fréquent), prothrombine G20210A ;
    • déficits en protéine C, protéine S, antithrombine ;
    • ↑ facteur VIII.
  • Causes acquises :
    • cancer et ses traitements (tamoxifène, thalidomide, lénalidomide) ;
    • chirurgie (surtout orthopédique), traumatisme, immobilisation, cathéter central ;
    • grossesse ou post-partum, œstrogènes (COC, hormonothérapie de remplacement) ;
    • syndrome des antiphospholipides (SAPL) ;
    • syndromes myéloprolifératifs (polyglobulie vraie, thrombocytémie essentielle) ;
    • HPN ;
    • MII, syndrome néphrotique, IC.
  • Thromboses artérielles ET veineuses : SAPL, néoplasie myéloproliférative, TIH, HPN, embolie paradoxale (FOP).
  • Sites inhabituels (splanchnique, cérébral) : chercher une NMP (JAK2), une HPN, un SAPL ou un cancer.

Tester la thrombophilie : quand et comment

  • Rarement utile : elle change rarement la durée de l'anticoagulation, qui dépend du caractère provoqué ou non de l'événement.
  • À considérer :
    • TEV non provoquée chez un patient jeune (< 50 ans) avec une forte histoire familiale ;
    • thrombose de site inhabituel ;
    • thromboses récidivantes ;
    • nécrose cutanée sous warfarine (déficit en protéine C) ;
    • avant une contraception ou une grossesse chez une femme dont un apparenté a une thrombophilie à risque élevé.
  • Anticorps antiphospholipides (anticoagulant lupique, anticardiolipines, anti-β2GP1, à répéter à 12 semaines) : après une TEV non provoquée, une thrombose artérielle chez un sujet jeune ou une morbidité obstétricale.

⚠️ SAPL triple positif : les AOD sont contre-indiqués. Utiliser la warfarine.

  • Moment des tests :
    • Les protéines C, S et l'antithrombine sont abaissées en thrombose aiguë, sous héparine (antithrombine), sous warfarine (C, S), pendant la grossesse et les œstrogènes (S). Tester à distance de l'épisode aigu et de l'anticoagulation.
    • Les AOD faussent l'anticoagulant lupique et certains dosages.
    • Les tests génétiques (facteur V Leiden, prothrombine) sont valides en tout temps.

💡 L'anticoagulant lupique prolonge le PTT, mais c'est un piège de nom : il cause des thromboses, pas des saignements.

Recherche de cancer occulte après une TEV non provoquée

  • Bilan limité :
    • anamnèse et examen complets ;
    • FSC, calcium, bilan hépatique, créatinine, analyse d'urine ;
    • RX pulmonaire ;
    • dépistages selon l'âge à jour : mammographie, col, côlon, poumon si admissible.
  • La TDM abdomino-pelvienne systématique n'améliore pas l'issue (essai SOME). On la réserve aux cas avec indices cliniques.
  • Pour l'évaluation (Wells, D-dimères, écho), le traitement et la durée de la TVP et de l'EP, ainsi que la thrombophlébite superficielle : voir la fiche « Thromboembolie veineuse ». Pour la prévention : voir « Prophylaxie de la TEV chez le patient hospitalisé ».

Contre-indications à l'anticoagulation (rappel)

Absolues Relatives
Saignement actif majeur Diathèse ou thrombopénie légère à modérée
Diathèse sévère ou plaquettes < 20–25 Métastases cérébrales, AVC récent
Hémorragie intracrânienne récente Traumatisme majeur récent
Neurochirurgie ou chirurgie oculaire < 10 j Chirurgie abdominale majeure < 2 j ; saignement GI ou GU < 1–4 j
Endocardite ; HTA sévère (> 200/120)

Pièges et perles

  • Toujours regarder le frottis : agrégats (pseudothrombopénie), schizocytes (MAT), blastes, macrocytose avec neutrophiles hypersegmentés (B12).
  • À l'étage, une chute de plaquettes à J5–10 sous héparine, c'est une TIH jusqu'à preuve du contraire. Calculer le 4T avant de demander l'anti-PF4.
  • Un patient septique avec INR ↑, plaquettes ↓ et D-dimères ↑ a une CIVD. Le fibrinogène bas est un signe tardif.
  • Thrombopénie + hypertension + femme enceinte ou post-partum : HELLP jusqu'à preuve du contraire.
  • Splénomégalie (« CHINA ») : Cirrhose et congestion, Hématologique, Infection, Néoplasie, Auto-immunité.
  • Warfarine : un bolus de 10 mg fait chuter la protéine C en 36 h (état prothrombotique transitoire). Elle n'est pleinement efficace qu'après environ 4 jours (facteurs II, IX, X) : chevauchement avec l'héparine ≥ 5 jours et jusqu'à RNI ≥ 2 pendant 24 h.

Purpura chez l’enfant

Résumé dans nos mots, d’après les fiches du Dr Jean-Bernard Girodias (CHU Sainte-Justine, 2020). Pour le retrait du service de garde ou de l’école, suivre le guide du MSSS « Prévention et contrôle des infections dans les services de garde et écoles du Québec » et la santé publique.

PurpuraTableauConduite
MéningococcémieEnfant fébrile, toxique ; pétéchies puis purpura qui s’étend vite (purpura fulminans)Tout purpura fébrile est une méningococcémie jusqu’à preuve du contraire : antibiotique sans délai, transfert urgent, chimioprophylaxie des contacts étroits
Purpura de Henoch-Schönlein (vasculite à IgA)Enfant afébrile, purpura palpable aux jambes et fesses, douleurs abdominales, arthralgies, hématurieSymptomatique ; surveiller TA et analyse d’urine aux 3 à 5 semaines pendant 3 à 4 mois ; risques : néphrite, invagination, saignement digestif
Purpura thrombopénique immunologique (PTI)Enfant en forme, souvent après un virus ; pétéchies et ecchymoses, saignement des muqueuses ; pas de fièvre, d’adénopathie, de rate ni d’anémieFSC et frottis le jour même : plaquettes basses isolées ; pédiatrie selon le compte et les saignements ; pas d’AINS ni de sports de contact
Purpura factice ou traditionnelPétéchies bien délimitées, disposition bizarre : autour de la bouche (succion d’un verre), suçons, ventouses, cao gio (frottement avec une pièce)Bilan sanguin normal ; questionner les pratiques culturelles ; penser aussi à la maltraitance

Références