Dr H. SRV

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Rhinite et congestion nasale

ORL et ophtalmologieFiche révisée · oct. 2026

En bref : On distingue la rhinite allergique, la rhinite non allergique (vasomotrice, irritative, médicamenteuse), les causes mécaniques (septum, cornets, polypes, adénoïdes) et la rhinosinusite chronique (critères PODS ≥ 12 semaines). La pierre angulaire du traitement est le corticostéroïde intranasal (CSIN) utilisé chaque jour et bien administré, avec des irrigations salines. On optimise ce traitement 1 à 3 mois avant de demander un TDM ou de référer en ORL. Une obstruction unilatérale, sanglante ou avec déficit neurologique fait suspecter une tumeur.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme : diriger vers l'urgence ou consulter rapidement

  • Atteinte de l'œil (cellulite, diplopie, proptose, perte de vision) : urgence (ORL et ophtalmologie de garde).
  • Signes neurologiques ou méningés avec rhinosinusite : urgence.
  • Hématome septal après un traumatisme nasal : urgence (drainage).
  • Obstruction unilatérale fixe qui progresse vite, épistaxis unilatérale récidivante, masse faciale ou déficit d'un nerf crânien : consultation rapide en ORL.
  • Otite séreuse unilatérale chez l'adulte avec obstruction nasale (carcinome nasopharyngé) : consultation rapide en ORL.
  • Anosmie isolée ou polypes unilatéraux : consultation rapide en ORL.

📨 Référer : CRDS ORL · CRDS ophtalmologie (adulte et enfant) (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

Classification de la rhinite allergique (ARIA)

Diagnostic différentiel de l'obstruction nasale

Siège Causes
Muqueuse Rhinite allergique, non allergique (vasomotrice), médicamenteuse (décongestionnant topique > 3–5 j ; aussi cocaïne, alpha-bloquants, IPDE5, contraceptifs), grossesse, hypothyroïdie
Cavité nasale Polypes (rhinosinusite chronique, asthme, intolérance à l'AAS), hypertrophie des cornets, corps étranger (enfant, unilatéral malodorant)
Septum Déviation, hématome septal (post-trauma : drainage urgent), perforation (cocaïne, GPA)
Nasopharynx Hypertrophie adénoïdienne (enfant) ; carcinome nasopharyngé (adulte avec otite séreuse unilatérale)
Tumeurs Papillome inversé, carcinome épidermoïde, esthésioneuroblastome
Systémique Granulomatose avec polyangéite, sarcoïdose, fibrose kystique (polypes chez l'enfant)

⚠️ Référer rapidement en ORL en présence de : - Symptômes unilatéraux persistants. - Épistaxis récidivante unilatérale. - Douleur faciale progressive, déficit d'un nerf crânien, diplopie, masse. - Anosmie isolée. - Polypes unilatéraux.

📋 Algorithme de l’Estrie — Obstruction nasale chronique (2017)

  • Unilatérale : penser à une cause dentaire chez l’adulte et à un corps étranger chez l’enfant.
  • ORL en urgence : atteinte de l’œil (cellulite, diplopie, proptose, perte de vision), signes neurologiques ou méningés, obstruction unilatérale fixe qui progresse vite (± épistaxis, ± otite séreuse), masse faciale qui grossit.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Obstruction nasale chronique », 2017. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Rhinosinusite chronique : PODS

Traitement

Oui

Non

Oui

Non, rhinorrhée aqueuse

Suspicion de RSC (PODS)

Oui

Congestion ou rhinite
chronique

Drapeaux rouges ?
(unilatéral, sang, déficit)

ORL rapidement
± TDM

Irrigation saline BID
+ CSIN die (bonne technique)
× 4-12 sem

Allergique ?

Éviction ; si insuffisant :
CSIN + antihistaminique IN
(Dymista, Ryaltris)

Échec : allergologie
(immunothérapie)

Ajouter ipratropium 0,06 %

TDM sinus ; irrigation
+ budésonide ; ORL

Échec, cause mécanique
(septum, cornets) ?

ORL : chirurgie
(septoplastie, cornets)

Médicaments intranasaux (adulte)

Classe Produit Posologie RAMQ
CSIN Mométasone (Nasonex) 2 vapos/narine die Oui
CSIN Furoate de fluticasone (Avamys) 2 vapos/narine die (puis 1 die) Oui
CSIN en irrigation Budésonide (Pulmicort) 0,5 mg/2 mL 1 ampoule dans 240 mL de Sinus Rinse (avec le sachet de sel), irrigation BID Oui
CSIN + antihistaminique Azélastine-fluticasone (Dymista) 1 vapo/narine BID Non
CSIN + antihistaminique Olopatadine-mométasone (Ryaltris) 2 vapos/narine BID Non
Anticholinergique Ipratropium 0,06 % (Atrovent nasal) 2 vapos/narine BID–QID Oui
Antihistaminique oral Rupatadine (Rupall), cétirizine, desloratadine, bilastine 10 mg die (rupatadine) Variable
Antihistaminique ophtalmique Olopatadine (Pataday) 1 gtte/œil die au besoin Non

Irrigation saline maison

💡 Perle ORL : avant de référer, documenter un essai d'au moins 1–3 mois de CSIN + irrigation bien faits. Ajouter le budésonide en irrigation, puis l'ipratropium si la rhinorrhée persiste. Si une RSC est suspectée, demander le TDM dès maintenant.

📋 Algorithme de l’Estrie — Obstruction nasale chronique (2017)

  • Bilatérale : essai d’irrigations salines et de corticostéroïde intranasal ; antihistaminique H1 une fois par jour en saison si allergie ; antibiotique si rhinorrhée purulente ; corticostéroïde oral de courte durée à considérer en sinusite chronique.
  • Persistance malgré le traitement : TDM des sinus et ORL ; symptômes de plus de 3 mois d’allure allergique : tests d’allergie.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Obstruction nasale chronique », 2017. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📋 Algorithme de l’Estrie — Traitements topiques intranasaux (2017)

  • Irrigations : moins de 3-4 ans, eau salée en gouttes ou unidoses (plus de 1 mL par narine, 2 à 4 fois par jour) ; plus âgés et adultes, grand volume à basse pression 1 à 2 fois par jour.
  • Corticostéroïde intranasal : pas avant 2 ans ; 2 à 12 ans, 1 vaporisation par narine par jour ; plus de 12 ans, 2 vaporisations par narine 1 à 2 fois par jour ; juger l’effet après au moins 3 mois.
  • Irrigation au budésonide (hors indication, 15 ans et plus) : 1 mg (2 mL à 0,5 mg/mL) dans 240 mL de solution saline, 1 à 2 fois par jour, essai d’au moins 3 mois.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Traitements topiques intranasaux », 2017. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Références