Dr H. SRV

Fiches › Musculosquelettique et rhumatologie

Épaule

Musculosquelettique et rhumatologieFiche révisée · oct. 2026

En bref : Après un traumatisme, on fait des radiographies (fracture, luxation, entorse AC) et on vérifie l'état neurovasculaire. Sans traumatisme, la tendinopathie de la coiffe est la cause la plus fréquente après 40 ans. La capsulite limite les mouvements passifs autant qu'actifs. Il faut toujours penser aux causes extrinsèques (cou, cœur, poumon, abdomen). L'IRM n'est pas un examen de première intention.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme : diriger vers l'urgence ou consulter rapidement

  • Douleur à l'épaule gauche à l'effort, avec dyspnée ou diaphorèse (ischémie myocardique) : 911.
  • Douleur à l'épaule avec douleur abdominale, hypotension ou grossesse possible (rupture splénique, grossesse ectopique rompue) : urgence.
  • Luxation, fracture déplacée ou déficit neurovasculaire (nerf axillaire, pouls) après un traumatisme : urgence (orthopédie).
  • Faiblesse franche après un traumatisme chez un patient actif (déchirure aiguë de la coiffe) : consultation rapide en orthopédie.
  • Fumeur avec douleur d'épaule et syndrome de Horner (tumeur de Pancoast) : consultation rapide (radiographie pulmonaire).
  • Patient âgé avec raideur bilatérale des ceintures et céphalée ou troubles visuels (artérite temporale) : urgence.

📨 Référer : CRDS orthopédie · CRDS rhumatologie · CRDS physiatrie – médecine physique et réadaptation (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

Causes selon l'âge

Âge Causes intrinsèques fréquentes Indices cliniques
Adolescent, jeune adulte (< 40 ans) Surutilisation sportive, instabilité gléno-humérale, entorse acromioclaviculaire (AC) Douleur liée au geste sportif ; appréhension et relocation positives ; douleur AC focale après chute sur l'épaule
Âge moyen et âgé Tendinopathie de la coiffe (accrochage), déchirure de la coiffe, bursite, capsulite, tendinopathie bicipitale, arthrose GH ou AC, douleur myofasciale Douleur nocturne, douleur à l'élévation ; faiblesse si déchirure ; perte de mobilité passive si capsulite

Causes extrinsèques à ne pas manquer

Système Exemples
Neurologique Radiculopathie C5–C6, atteinte du plexus brachial, nerf sus-scapulaire, zona
Cardiovasculaire Ischémie myocardique, thrombose veineuse axillaire, défilé thoracobrachial
Thoracique Tumeur de l'apex (Pancoast), pneumonie du lobe supérieur, embolie pulmonaire
Abdominal Irritation diaphragmatique : maladie hépatobiliaire, rupture splénique, grossesse ectopique rompue, perforation

💡 Une douleur vague ou diffuse, associée à d'autres symptômes, ou une douleur irradiant au cou et au bras, avec une mobilité gléno-humérale indolore, oriente vers une cause extrinsèque.

Algorithme

Oui

Lésion

Normales, symptômes persistants

Non

Non : douleur diffuse,
irradiation cou-bras

Oui

Oui

Non : actif et passif ↓

Douleur à l'épaule

Traumatisme ?

Radiographies
+ examen neurovasculaire

Fracture clavicule ou humérus,
luxation GH, entorse AC, luxation SC
→ prise en charge aiguë, orthopédie

Rechercher une lésion
des tissus mous

Mobilité GH douloureuse
ou limitée ?

Cause extrinsèque :
cervicale, cardiaque,
pulmonaire, abdominale

Mobilité passive
conservée ?

Coiffe : tendinopathie,
déchirure si faiblesse ;
biceps, AC, instabilité

Capsulite adhésive
ou arthrose GH
→ radiographie

Examen clinique : diagnostic différentiel

Diagnostic Anamnèse Examen
Tendinopathie de la coiffe (très fréquente) > 40 ans, gestes répétés au-dessus de l'épaule, douleur nocturne Sensibilité sous-acromiale, arc douloureux, Neer et Hawkins positifs, mobilité passive normale, force conservée mais douloureuse
Déchirure de la coiffe Idem ; parfois traumatisme Idem, avec faiblesse à l'abduction ou à la rotation externe ; abduction active impossible mais passive conservée
Capsulite adhésive Diabète, immobilisation, ATCD de tendinopathie Perte marquée de mobilité active ET passive, surtout en rotation externe
Arthrose gléno-humérale (peu fréquente) ATCD de traumatisme Perte de mobilité active et passive, crépitements
Tendinopathie bicipitale Douleur en portant des sacs coudes fléchis Sensibilité de la gouttière bicipitale ; douleur à la flexion du coude ou à la supination contre résistance
Rupture du long biceps Douleur subite Déformation « Popeye »
Entorse AC Chute sur le moignon de l'épaule Douleur AC focale, marche d'escalier ; douleur à l'adduction horizontale
Arthrose AC Sans traumatisme Sensibilité AC, douleur à l'adduction horizontale
Instabilité multidirectionnelle < 40 ans, athlète au-dessus de la tête Sulcus positif ; appréhension et relocation positives
Dyskinésie scapulaire, bursite sous-scapulaire Sédentaire, posture voûtée, sac à dos Bord supéro-médial de l'omoplate sensible ; décollement de l'omoplate ; force améliorée quand l'examinateur stabilise l'omoplate

Traumatismes : aide-mémoire

Lésion Indices Conduite
Luxation antérieure (> 95 %) Bras le long du corps en rotation externe, douleur sévère Radiographies ; vérifier nerf axillaire (sensibilité du moignon) et pouls ; réduction puis immobilisation
Luxation postérieure Convulsion ou électrisation ; bras en rotation interne Radiographies (incidence axillaire) ; souvent manquée
Fracture de la clavicule Traumatisme direct Écharpe simple ; exclure atteinte sous-clavière et du plexus

Prise en charge non traumatique (première ligne)

⚠️ Choisir avec soin Canada : ne pas demander d'IRM comme examen initial pour une suspicion de tendinopathie de la coiffe.

Quand référer

📋 Algorithme de l’Estrie — Épaule — douleur, tendinite, bursite (2013)

  • Accrochage (Hawkins, Neer, Jobe), calcification et déchirure partielle : même traitement conservateur. Une déchirure complète peu douloureuse avec bonne fonction n’est pas une indication chirurgicale.
  • Radiographie simple pour éliminer une atteinte osseuse.
  • Acétaminophène ou AINS ; physiothérapie (coiffe, stabilisateurs de l’omoplate, amplitude, exercices à domicile) ; infiltration sous-acromiale, max 4 par année.
  • Environ 80 % guérissent en 12 à 18 mois. IRM et orthopédie si échec après environ 9 mois, détérioration, douleur nocturne mal contrôlée ou faiblesse faisant craindre une rupture — si le patient accepte une chirurgie.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Épaule — douleur, tendinite, bursite », 2013. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📋 Algorithme de l’Estrie — Épaule — capsulite, raideur, ankylose (2013)

  • Phases successives (douleur, douleur et raideur, raideur, récupération) ; résolution spontanée en 12 à 18 mois.
  • Radiographie pour éliminer une arthrose gléno-humérale.
  • Analgésie, physiothérapie, infiltrations gléno-humérales (jusqu’à 3, à un mois d’intervalle), sous guidage si la douleur persiste. Orthopédie si la raideur dure plus de 12 mois.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Épaule — capsulite, raideur, ankylose », 2013. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Pièges et perles

Références