Dr H. SRV

Fiches › Musculosquelettique et rhumatologie

Examen musculosquelettique : manœuvres spéciales

Musculosquelettique et rhumatologie⚠︎ Points à vérifier

⚠️ Fiche en cours de révision : certains points, dont des doses, n'ont pas encore été validés par l'auteur (voir la liste). Confirmer avec une source officielle ou le guide de votre établissement.

En bref : On procède toujours dans le même ordre : inspection, palpation, amplitudes actives puis passives, force, manœuvres spéciales, en comparant au côté sain. Les règles d'Ottawa (cheville, pied, genou) sont canadiennes et validées : elles évitent la plupart des radiographies inutiles. Une manœuvre isolée est peu spécifique : c'est une combinaison de tests positifs qui oriente le diagnostic.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme : diriger vers l'urgence ou consulter rapidement

  • Plaie de la main avec déficit d'un fléchisseur ou de la sensibilité d'un doigt : urgence (chirurgie de la main).
  • Douleur disproportionnée, loge tendue ou paresthésies après un traumatisme (syndrome du compartiment) : urgence.
  • Articulation chaude, rouge et douloureuse avec fièvre (arthrite septique) : urgence.
  • Hémarthrose précoce (< 2 h) après un pivot, ou genou bloqué : consultation rapide en orthopédie.
  • Faiblesse franche post-traumatique de l'épaule chez un patient < 60 ans, ou drop arm positif (déchirure aiguë de la coiffe) : consultation rapide en orthopédie.
  • Thompson positif (rupture du tendon d'Achille) ou fracture du scaphoïde confirmée : consultation rapide en orthopédie.

📨 Référer : CRDS orthopédie · CRDS rhumatologie · CRDS physiatrie – médecine physique et réadaptation (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

Épaule (coiffe des rotateurs)

Test Technique Structure Positif si
Empty can (Jobe) Bras en abduction de 90° dans le plan de la scapula, pouce vers le bas ; le patient élève le bras contre résistance Sus-épineux Douleur ou faiblesse
Rotation externe contre résistance Coudes au corps, fléchis à 90° Sous-épineux, petit rond Faiblesse
Lift-off (Gerber) Dos de la main sur la région lombaire ; le patient décolle la main Sous-scapulaire Incapacité
Rotation interne contre résistance Coudes au corps, fléchis à 90° Sous-scapulaire Faiblesse
Hawkins Épaule et coude fléchis à 90°, puis rotation interne passive Accrochage sous-acromial Douleur
Neer Élévation passive maximale, en rotation interne Accrochage sous-acromial Douleur
Drop arm Le patient abaisse lentement le bras depuis l'abduction Grande déchirure de la coiffe Le bras tombe

💡 Une faiblesse franche après un traumatisme chez un patient de < 60 ans, ou un drop arm positif, évoque une déchirure aiguë : on demande une échographie ou une IRM et on réfère rapidement en orthopédie. La réparation chirurgicale donne de meilleurs résultats lorsqu'elle est précoce.

Genou

Test Technique Structure Positif si
Lachman (le plus sensible) Genou à 20–30° de flexion ; on tire le tibia vers l'avant LCA Translation sans arrêt ferme
Tiroir antérieur Genou à 90° LCA Translation excessive
Tiroir postérieur Genou à 90°, poussée vers l'arrière LCP Recul du tibia
Stress en valgus En extension puis à 30° LCM Bâillement interne
Stress en varus En extension puis à 30° LCL Bâillement externe
McMurray, Thessaly Rotation et flexion-extension sous charge Ménisques Douleur ou claquement à l'interligne

Cheville

Test Technique Structure Positif si
Tiroir antérieur On tire le talon vers l'avant, jambe stabilisée Ligament talo-fibulaire antérieur (LTFA) Translation excessive
Inversion forcée (talar tilt) Inversion, jambe stabilisée Ligament calcanéo-fibulaire Bâillement ou « clunk »
Squeeze test Compression tibia-fibula à mi-mollet Syndesmose Douleur à la cheville antérieure (entorse « haute »)
Thompson Compression du mollet, patient en décubitus ventral Tendon d'Achille Absence de flexion plantaire

📋 Algorithme de l’Estrie — Pied — fasciite plantaire (2014)

  • Radiographie pour éliminer une autre cause ; l’épine calcanéenne n’explique pas la douleur.
  • Tout faire en même temps : étirer (fascia et mollet, 10 × 10 s trois fois par jour, orthèse de nuit), amortir (talonnette en gel, orthèse selon le pied), soulager (acétaminophène, AINS) et éviter ce qui déclenche la douleur.
  • Environ 90 % guérissent en 12 à 18 mois. Après 6 mois sans amélioration : ondes de choc ou infiltration (1 ou 2 par épisode). La chirurgie est exceptionnelle.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Pied — fasciite plantaire », 2014. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Règles d'Ottawa (radiographie indiquée si un critère est présent)

Région Critères
Cheville (douleur malléolaire et un des critères) Sensibilité osseuse des 6 cm distaux du bord postérieur ou de la pointe d'une malléole, ou incapacité de faire 4 pas immédiatement après le traumatisme et à l'examen
Pied (douleur du médio-pied et un des critères) Sensibilité de la base du 5e métatarsien ou du naviculaire, ou incapacité de faire 4 pas
Genou (un critère suffit) Âge ≥ 55 ans, sensibilité isolée de la rotule, sensibilité de la tête de la fibula, incapacité de fléchir à 90°, incapacité de faire 4 pas

⚠️ Les règles d'Ottawa ne s'appliquent pas en cas d'intoxication, de polytraumatisme, de sensibilité altérée (neuropathie) ou de grossesse. La règle du genou est validée à partir de 18 ans. La règle de la cheville a aussi été validée chez l'enfant de plus de 5 ans.

Main et poignet (repères)

📋 Algorithme de l’Estrie — Main — tunnel carpien (2014)

  • Médian (doigts 1 à 3) : douleur ou engourdissement surtout la nuit, soulagé en secouant la main ; Tinel et Phalen. Chercher une hypothyroïdie ou une grossesse.
  • Orthèse de poignet la nuit, modification des activités, AINS ; infiltration du canal pour les cas douloureux (1 ou 2, effet moyen d’environ 3 mois).
  • EMG si le diagnostic est incertain, fait avant la consultation. Orthopédie si les symptômes persistent et que le patient veut une chirurgie ; ne pas attendre l’atrophie thénar (la force récupère moins bien que la sensibilité).
  • Nerf ulnaire au coude (doigts 4 et 5) : éviter l’appui et la flexion prolongée du coude, dormir coude en extension (orthèse ou oreiller enroulé), AINS.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Main — tunnel carpien », 2014. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📋 Algorithme de l’Estrie — Main — ténosynovite de De Quervain (2014)

  • Douleur radiale du poignet, Finkelstein positif ; radiographie pour éliminer une rhizarthrose ou une arthrose radiocarpienne.
  • Repos, AINS, orthèse spica longue du pouce 6 semaines, ergothérapie ; infiltration de la gaine (max 2). Orthopédie si échec après 6 à 12 mois.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Main — ténosynovite de De Quervain », 2014. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📋 Algorithme de l’Estrie — Main — doigt gâchette (2014)

  • Réduire les gestes répétitifs et l’appui sur le nodule ; infiltration dans la gaine (max 2) ; exercices de glissement des fléchisseurs. Orthopédie si échec et désir de chirurgie (relâchement de la poulie sous anesthésie locale, convalescence d’environ 2 semaines).

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Main — doigt gâchette », 2014. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📋 Algorithme de l’Estrie — Épicondylite externe et interne (2015)

  • Douleur localisée reproduite par l’extension (externe) ou la flexion (interne) résistée du poignet, sans symptôme neurologique ; sinon chercher une autre cause.
  • Environ 90 % guérissent en un an quel que soit le traitement. Réduire les gestes répétitifs, adapter le poste ; bracelet épicondylien, étirements et renforcement, physiothérapie au moins 6 semaines.
  • Infiltration au point douloureux, aux 8 à 12 semaines, max 4 par année. IRM inutile. Orthopédie après un an d’échec (plus tôt si très sévère).

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Épicondylite externe et interne », 2015. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Références