En bref : Devant un patient agressif, la sécurité (la sienne, celle de l’équipe et des autres patients) passe avant tout. On cherche une cause médicale (hypoglycémie, intoxication, sevrage, délirium, psychose), on utilise la désescalade verbale et on demande de l’aide tôt (911 au besoin). Avec un patient « difficile » sans violence, on reconnaît ses propres réactions, on cherche le besoin derrière le comportement et on pose un cadre clair sans abandonner le patient.
⚠️ Nouvelle fiche (oct. 2026) rédigée pour le sujet prioritaire du CMFC « Violence/patient agressif ; Patient difficile », résumée dans nos mots à partir des références citées : à valider.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Arme, menace précise, violence en cours : quitter la pièce et appeler le 911.
- Signes précurseurs : voix qui monte, poings serrés, va-et-vient, regard fixe, insultes, menaces.
- Confusion, intoxication, sevrage, psychose, hypoglycémie, hypoxie, traumatisme crânien.
✅ À faire maintenant
- Ne pas rester seul ; porte accessible pour soi ; distance d’au moins deux bras ; position de côté, mains visibles ; retirer les objets dangereux.
- Parler calmement, peu, lentement ; nommer l’émotion (« je vois que vous êtes en colère »), écouter, offrir des choix simples, poser des limites claires.
- Glycémie capillaire et signes vitaux dès que possible.
- Si la tension monte malgré tout : mettre fin à l’entrevue et alerter l’équipe.
📞 Appeler / référer si
- Danger pour soi ou autrui lié à l’état mental : 911 et loi P-38 (garde préventive).
- Cause médicale probable (délirium, intoxication, sevrage) : transfert à l’urgence.
📨 Référer : CRDS psychiatrie (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence
Désescalade verbale
- Une seule personne parle ; se présenter, appeler le patient par son nom.
- Reconnaître la frustration (attente, douleur, refus de prescription) sans se justifier longuement.
- Offrir ce qu’on peut offrir (eau, endroit calme, délai) et dire clairement ce qui n’est pas acceptable.
- Éviter de toucher, de bloquer la sortie, de hausser le ton ou de faire des promesses intenables.
- Agitation sévère dans un milieu équipé : médicament par la bouche d’abord (voir Agitation aiguë) ; au SRV, transfert.
Après un incident
- Déclarer l’événement selon la procédure de la clinique ; retour à chaud avec l’équipe.
- Documenter les faits (paroles, gestes, mesures prises) de façon objective.
- Mise en garde : le Code de déontologie des médecins permet de lever le secret professionnel pour prévenir un acte de violence lorsqu’il existe un risque sérieux et imminent de mort ou de blessures graves pour une personne identifiable. Communiquer seulement l’information nécessaire ; au besoin, appeler l’ACPM.
- On peut mettre fin à un suivi pour un motif sérieux (violence, menaces), sans abandonner le patient : assurer les soins urgents et la transition vers un autre médecin.
Patient difficile (sans violence)
- Reconnaître ses propres émotions (irritation, impuissance) : elles renseignent sur la relation, mais ne doivent pas guider la décision.
- Chercher ce qui est derrière : peur, douleur, perte de contrôle, trouble de la personnalité, trouble d’usage, déficit cognitif, barrière de langue.
- Établir un cadre : durée et ordre du jour de la visite, un seul prescripteur, ententes écrites (opioïdes, benzodiazépines), rendez-vous réguliers plutôt qu’à la demande.
- Rester cohérent et prévisible au sein de l’équipe ; discuter des cas lourds avec des collègues.
- Voir Troubles de la personnalité.
Pièges et perles
- Toujours éliminer une cause organique (hypoglycémie, délirium, sevrage) avant d’attribuer l’agressivité au caractère.
- La violence au cabinet est sous-déclarée ; un plan de sécurité de la clinique (bouton d’alerte, code, aménagement) protège tout le monde.
Outils publics de l’Estrie (accueil clinique, protocoles)
Documents publics de Santé Québec – Estrie-CHUS, utilisés à la place de documents internes. Voir aussi Accueil clinique : ordonnances collectives publiques.
📄 Outil public de l’Estrie — CREF-ZZ-001 : Cadre de référence : application des mesures de contrôle (contention, isolement, substances chimiques) (2019)
- Art. 118.1 de la LSSSS : seulement pour empêcher une lésion à soi ou à autrui, risque imminent, en dernier recours, mesure la moins contraignante, durée minimale.
- Contexte planifié : consentement de la personne ou de son représentant, plan d’intervention ; urgence imprévisible : sans consentement (C.c.Q., art. 13), aviser rapidement le représentant et analyser l’événement.
- Le médecin prescrit les substances chimiques, réévalue souvent et cesse la mesure dès qu’elle n’est plus nécessaire.
Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, CREF-ZZ-001. Document public utilisé à la place d’un document interne ; les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.
Références
- CREF-ZZ-001 — Cadre de référence : application des mesures de contrôle (contention, isolement, substances chimiques) (Santé Québec – Estrie-CHUS, 2019 ; document public)
- Richmond JS et coll. Verbal de-escalation of the agitated patient: consensus statement of the American Association for Emergency Psychiatry Project BETA De-escalation Workgroup. West J Emerg Med. 2012;13(1):17-25.
- Code de déontologie des médecins (Québec), RLRQ c. M-9, r. 17 : levée du secret professionnel pour prévenir un acte de violence.
- Collège des médecins de famille du Canada. Les objectifs d’évaluation pour la certification en médecine de famille, 2e éd., 2020 : sujets prioritaires « Violence/patient agressif » et « Patient difficile ».