Dr H. SRV

Fiches › Gynécologie et santé sexuelle

Agression sexuelle

Gynécologie et santé sexuelleFiche révisée · 15 oct. 2026

Voir aussi : ITSS · VIH · Contraception · Maltraitance

🔎 Trousses et délais (Québec)✉️ Signaler une erreur

En bref : On croit la personne, on assure sa sécurité et on obtient son consentement à chaque étape. Dans les jours qui suivent, elle est dirigée vers le centre désigné de la région (trousse médicolégale si l’agression date de 5 jours ou moins, sinon trousse médicosociale). Porter plainte n’est pas obligatoire pour recevoir des soins. On pense à la PPE VIH (72 h), à l’hépatite B, aux ITSS, à la contraception d’urgence et au soutien psychologique. Chez un mineur, signalement à la DPJ.

⚠️ Nouvelle fiche (oct. 2026) rédigée pour le sujet prioritaire du CMFC « Viol / agression sexuelle », résumée dans nos mots à partir des références citées : à valider.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Blessures, saignement, douleur importante : urgence.
  • Altération de la conscience ou soupçon de soumission chimique (GHB, alcool, sédatifs).
  • Idées suicidaires, détresse aiguë, dissociation.
  • Danger persistant : agresseur dans l’entourage, violence conjugale ; victime mineure.

✅ À faire maintenant

  • Lieu calme, entrevue sans jugement, questions ouvertes ; noter les paroles de la personne entre guillemets.
  • Expliquer les options et obtenir le consentement pour chaque examen et chaque prélèvement ; elle peut refuser ou arrêter à tout moment.
  • Si l’agression date de 5 jours ou moins : orienter sans délai vers le centre désigné (trousse médicolégale) ; idéalement ne pas se laver ni changer de vêtements, sans retarder les soins pour autant.
  • Évaluer le besoin de prophylaxies et de contraception d’urgence le jour même.

📞 Appeler / référer si

  • Centre désigné de la région (souvent l’urgence d’un hôpital désigné) : examen, trousse, prophylaxies.
  • Mineur : DPJ (obligation de signaler le moindre soupçon).
  • Danger immédiat : 911.

📨 Référer : CRDS gynécologie (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

Trousses et délais (Québec)

  • Trousse médicolégale : agression de 5 jours ou moins, traces de l’agresseur possibles, personne qui porte plainte ou pourrait le faire plus tard (les prélèvements sont conservés). Une révision provinciale prévoit d’allonger certains délais (vaginal 7 jours, cutané et anal 3 jours).
  • Trousse médicosociale : plus de 5 jours, pas de prélèvement utile, ou pas de plainte envisagée ; elle encadre l’évaluation, les soins et le suivi.
  • Soumission chimique possible : conserver urine et sang pour analyse toxicologique selon le protocole du centre.

Prophylaxies et contraception

  • VIH : PPE à débuter dans les 72 h quand le risque le justifie (agresseur VIH+ ou de groupe à prévalence élevée, pénétration, lésions, plusieurs agresseurs) ; trousse de départ et suivi rapide en infectiologie (voir VIH).
  • Hépatite B : vaccin (et immunoglobulines si non vacciné et risque élevé), idéalement dans les 72 h et jusqu’à 14 jours.
  • ITSS : dépistage et traitement empirique de la chlamydia et de la gonorrhée selon le guide de l’INESSS (voir ITSS) ; vaccin VPH à mettre à jour.
  • Contraception d’urgence : lévonorgestrel jusqu’à 72 h, ulipristal jusqu’à 120 h, ou DIU au cuivre jusqu’à 7 jours ; test de grossesse au besoin (voir Contraception).

Suivi

  • Contrôle des ITSS vers 2 semaines ; sérologies (VIH, syphilis, hépatites B et C) à 6 semaines et à 3 mois.
  • Revoir l’humeur, le sommeil et les symptômes de stress post-traumatique ; offrir un suivi psychologique.
  • Ressources : Ligne-ressource provinciale pour les victimes de violence sexuelle 1-888-933-9007 (24/7) ; CAVAC (aide aux victimes d’actes criminels) ; CALACS (centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) ; IVAC pour l’indemnisation.
  • Documenter de façon factuelle (récit, blessures, examens faits, refus) sans conclure sur le plan juridique.

Pièges et perles

  • La personne n’a pas à porter plainte ni à décider tout de suite : la trousse médicolégale préserve cette option.
  • Chez un adolescent de 14 à 17 ans, le signalement à la DPJ reste obligatoire en cas de soupçon ; expliquer la démarche.
  • Penser à l’agression sexuelle derrière une demande de contraception d’urgence, un dépistage d’ITSS ou des symptômes non expliqués.

Références

  • MSSS. Guide d’intervention médicosociale pour répondre aux besoins des victimes d’agression sexuelle (2010) et trousses médicolégale et médicosociale.
  • CISSS du Bas-Saint-Laurent. Prise en charge d’un usager victime d’agression sexuelle (12 ans et plus), protocole DSP-GU-30053, décembre 2025.
  • Collège des médecins de famille du Canada. Les objectifs d’évaluation pour la certification en médecine de famille, 2e éd., 2020 : sujet prioritaire « Viol/agression sexuelle ».